dimanche 4 septembre 2016

L'accordéon de la rentrée (2) : Orchestre Persiani, 1932



Ce sont les noces de la musette et de la guitare hawaiienne que nous célébrons aujourd'hui avec cette "Prière musicale" exécutée par l'orchestre de bal musette Persiani, où l'on peut entendre une mélancolie hawaïo-titi qui annonce un peu celle de "Mon amant de Saint-Jean". Cyril Lefebvre, le compilateur avisé de la magnifique anthologie, "Paris, plages d'Hawaii. Guitares hawaiiennes 1930", n'a pu déterminer qui était le guitariste sur ce morceau de 1932. Il est possible que ce soit Gino Bordin ou Alexandre Manara, les héros parisiens de la guitare hawaiiene des années 30. 


C'est en tout cas ledit Gino Bordin qui accompagne la version (pas piquée des hannetons) du grand classique que nous glissons en bonus ci-dessous.

samedi 3 septembre 2016

L'accordéon de la rentrée : Ismael Santiago (Porto Rico, 1967)


"L'accordéon de la rentrée sera tropical ou ne sera pas", a dit je ne sais plus exactement qui (mais vous retrouverez sans doute facilement) et la Cellule, jamais à court d'une idée improbable, a décidé de s'employer à vous en convaincre après un été de flemme fanatique.

Et pour commencer, direction l'île de Porto-Rico, quelques années avant la naissance de la tonitruante salsa. Le style en vogue dans les sixties est la plena qu'Ismael Santiago, inspiré par la cumbia ou le merengue, a l'idée de compléter par un accordéon. Le "sorcier de la sinfonia (le nom de l'accordéon sur l'île)" partage alors son temps entre New-York et son pays natal. Il invite ici le chanteur Angel Luis Toruellas à reprendre avec lui un classique de la plena.


Le titre se trouve sur la magnifique compilation Saoco (volume 2) du label Vampi Soul, que je ne saurais trop vous conseiller (le livret est aux petits oignons). En guise de bonus, voici un autre titre sans accordéon qui hésite entre pachanga, twist et cumbia. La rentrée ne se déplie pas si mal finalement!





samedi 20 août 2016

Amnésie : Dress Sexy At My Funeral / Smog (2000)

On oublie quelquefois des morceaux essentiels. On néglige quelques temps ces pépites et puis on les retrouve sur une cassette au fond d'un tiroir et c'est reparti comme en quarante. La semaine dernière c'était cette incroyable chanson de Bill Callahan sur le magnifique Dong of Sevotion sorti il y a seize ans.


lundi 25 juillet 2016

Sublime : les Staple Singers


La Cellule somnole cet été et nous avons eu la plus grande peine à réveiller un animateur comateux qui veuille bien dire deux mots des sublimes Staple Singers. Le groupe familial est assez connu pour qu'on se dispense de les présenter (ce qui ravit notre paresseux). Entre pop et gospel, voici deux titres lumineux qui vous avaient peut-être échappé.
Sur ce, retournons à notre hamac.


samedi 18 juin 2016

Les slows qui tuent (Surinam, 1968) : Blue Rivers and The Maroons

Parmi les secrets les mieux cachés de l'histoire de la soul, l'existence d'une scène active au Surinam dans les sixties reste un recoin particulièrement peu exploré. L'excellent blog de Sir Shambling permet de découvrir pas mal de choses de ce côté souvent oublié de la mer des Caraïbes. Voyez, par exemple, la magnifique sélection proposée ici. Quant à la Cellule, elle vous propose aujourd'hui un slow de 1968 moite comme la forêt équatoriale :



mercredi 25 mai 2016

Les slows qui tuent (Cambodge, 60's) : Houy Meas




Cela faisait bien trop longtemps qu'on ne vous avait fourni une perle lente du slow à faire fondre doucement sous la langue (sous la langue de qui vous voudrez). Le morceau vient des 60's cambodgiennes et c'est Houy Meas qui est chargée de vous malaxer les ventricules avec une chanson déchirante d'abandon amoureux.



Elle figure dans le beau film très recommandable de John Pirozzi, Don't Think I've Forgotten, découvert l'année dernière au festival FAME.

vendredi 6 mai 2016

"Are you ready, Hezzie?" : les Hoosier Hotshots

Un peu de swing rural ce matin, de vaudeville des années 30, avec les Hoosier Hotshots, venus de l'Indiana avant de faire leur trou à Chicago et d'exploser à Hollywood (bien entendu). Ce quatuor amateur de jazz pas triste ne dédaignait pas les instruments habituels (contrebasse, guitare ou clarinette, etc.) mais Hezzie Trietsch (celui avec la casquette) ajoutait une pincée de fantaisie en inventant ses propres instruments, le "zither" ou le " wabash washboard", que le musée de l'Indiana a pieusement recueilli dans ses collections, le voilà :


Mais écoutez donc ces deux sketchs musicaux cintrés pour vous placer du bon côté de la journée.


Avec un bonus filmé pour vos mirettes, les veinardes!






jeudi 21 avril 2016

Marais excitant : Steve Riley & The Mamou Playboys



Aujourd'hui, la Cellule débloque. Son seul objectif, vous faire swinguer au son de l'accordéon et des violons du bayou avec un des groupes les plus excitants de Louisiane. Tout est rond. Tout est rond. Tout est rond.





vendredi 8 avril 2016

Plagiat par anticipation : Fadoul et la naissance du krautrock au Maroc

Tout le monde a repéré la filiation avec James Brown (et c'est bien normal : il y a les reprises et l'adulation attestée pour Mr. Dynamite), on a aussi perçu l'énergie pré-punk (et c'est tout aussi juste : à Détroit comme à Casa, le rhythm'n'blues hyper-vitaminé dérive assez naturellement vers le rock déjanté) mais il me semble que personne n'a remarqué que Fadoul a aussi composé un des premiers morceaux de krautrock. La preuve est là, éclatante :

Tenez, je vous mets un peu de Faust, par exemple, pour comparer :


N'oublions pas de remercier Habibi Funk pour avoir déniché cette perle du chourock marocain à se procurer toutes affaires cessantes et aussi JRP qui nous l'a mise entre les oreilles. Les huit titres de Fadoul sont extraordinaires!

mercredi 6 avril 2016

Reggae au pays des merveilles : Lloyd Charmers & Karl Walker



Un peu de reggae dépaysé aujourd'hui pour fêter le retour du printemps, du gentil soleil et des méchantes allergies au pollen. La Cellule vous propose un aller simple pour le pays des merveilles avec un morceau produit par Lloyd Charmers (le producteur du grand Ken Boothe). Choeurs inhabituels et ambiance cinématographique, au programme.


Et pour agémenter le voyage, deux étranges chansons toujours produites par le charmant Charmers avec la participation d'un deejay assez peu connu Karl Walker et d'une guitare comme égarée.



jeudi 17 mars 2016

Egypte : euphorie avec Habdel Halim Hafez




Il est bien difficile de trouver des choses précises sur les musiciens égyptiens quand on ne lit pas l'arabe. Même quand il s'agit d'une superstar comme Habdel Halim Hafez... Mais ça n'empêche pas de diffuser l'euphorie de ce titre dédié aux amoureux, à l'énergie cousine des joyaux les plus toniques de l'éthio-pop.


PS : Si quelqu'un a des indications sur la discographie de HHH (même minimale comme la date du titre), n'hsitez pas à nous en faire profiter.

mardi 8 mars 2016

Timbré : Ogassa (Bénin)

On ne sait vraiment pas grand chose de ce groupe béninois. Le toujours très bien informé tenancier du magnifique blog Oro nous apprend seulement que le groupe a été décimé dans un malheureux accident de voiture. Laissez-vous entraîner par Avale, une reprise de Danialou Saghoban (sur lequel Oro est fort disert en revanche). Le clavier vous enlace déjà et la guitare ne vous laissera pas échapper.



PS : Le disque a été réédité récemment sur le label Hot Casa.

samedi 20 février 2016

Au cas où... : Bo Diddley

Au cas, improbable, où vous n'ayez plus d'arguments pour expliquer à vos amis pourquoi vous avez eu l'idée, improbable, de vous marriez, il vous reste le joker ultime : le morceau le plus euphorisant de Bo Diddley qui est une incitation presque impro... euh non ... presque irresistible à sauter le pas.




lundi 8 février 2016

La filière turco-belge : Bariş Manço


Avec Bariş Manço, les amateurs de deep kitsch music (je réclame le copyright pour l'appelation) et de quinzième degré magnifiquement décalé trouveront un client sérieux. Des reprises d'Elvis initiales jusqu'à la variétoche nippone, en passant par les premiers twist turcs, l'aventure yéyé belge, dont un immortel duo avec Adamo, des friselis psychés puissament patchoulisés à la fin des sixties, le développement du prog anatolien, l'animateur de la télé turque et j'en passe (et en passant, je remarque qu'il a été aussi le sujet d'un des premiers numéros du magazine Strip Tease dès 1985), Bariş Manço fut un moustachu des plus éclectiques et je ne prétends pas qu'il n'y ait que des perles parfaitement régulières dans son oeuvre. Ce sont cependant quelques titres puissants que je voudrais vous faire découvrir aujourd'hui, tirés d'un album de 1976 où les sonorités de la pop turque se mêlent à un espèce de funk prog tout droit venu de l'espace où le chant des oiseaux rivalise avec les synthés et les violons.


Pour une série de pochette prouvant que Março ne se présente pas toujours comme un émule de Ringo Star, voyez ici.



lundi 18 janvier 2016

Poil au menton (1954)

La cellule laisse son rasoir au placard aujourd'hui pour vous rossiner les oreilles et rappeler ces vedettes au poil que furent les quatre barbus. Nous sommes en 1954 et Francis Blanche s'en mêle, bien sûr. Une ouverture à placer à l'étal des plus beaux marchés à côté des Jacques Frères Four.




jeudi 14 janvier 2016

Les classiques : Caravan par Puccio Roelens

La Cellule s'égare ce soir dans les greniers de la télévision italienne avec une version de "Caravan", étrange, captivante, délicieusement kitsch aussi. C'est Amleto Armando Roelens alias Puccio Roelens qui vous guide vers cette pépite de 1971.



mercredi 6 janvier 2016

Sublime et âpre : Buell Kazee

Un banjo, la voix de Buell Kazee, une histoire d'amour qui finit mal : la Cellule vous offre un morceau intense et lancinant aujourd'hui :


dimanche 3 janvier 2016

Sapin énergie (par les racines) : Hambone



A l'origine du Bo Diddley beat ici vénéré, il y a la tradition corpophonique caribéenne du hambone tôt transplantée en Amérique du Nord. Le premier enregistrement connu d'un morceau date de 1952 par l'orchestre du percussioniste Red Saunders, son orchestre et les Hambone Kids. Si vous voulez des précisions sur la carrière du peu connu Red Saunders, n'hésitez pas à aller voir une excellente synthèse.
Cette année, les voeux de la Cellule sont à fixer sur la paume de ses mains, puis on se les applique selon la vieille pratique partout sur le corps au rythme du hambone. C'est parfait pour faire passer les rumatismes et les bonnes résolutions, vous verrez.